• Laurence Devillard

Mis à jour : mai 6






Courant mai, le retour au bureau va commencer. Il aura peut-être lieu un jour ou deux par semaine, car le télétravail continuera. La façon dont le confinement aura été vécu sera différente. Au delà de ceux qui l'auront vécu seul, en famille, dans beaucoup ou peu d'espace, il y aura eu pour certains du chômage partiel, des arrêts maladies, voire même des hospitalisations et peut être aussi des proches ou des collègues emportés par le coronavirus.


Alors comment repartir avec son équipe dans ce nouvel environnement que sera l’après. Une période différente de celle que nous venons de vivre, sans que l’on sache là non plus à quoi elle va vraiment ressembler. Nous allons d’incertitudes en incertitudes et c’est bien là le changement que nous vivons depuis plusieurs semaines, travailler et vivre dans l’incertitude totale.

Revenir au travail signifiera pour la plupart, prendre les transports en commun avec ce que cela représente d’inquiétudes, voire d’angoisse pour certains, remettre les enfants à l’école, à la crèche, avec là aussi des interrogations et des craintes. Il va falloir retrouver un nouveau rythme et reprendre contact avec les autres que l’on ne connaissait plus qu’à travers la caméra de son ordinateur.

Il me semble important que le manager puisse prendre régulièrement un temps avec son équipe pour partager tout ce qui ce sera passé sur les plans professionnel et personnel.

Qu’est-ce que chacun a vécu, a découvert de lui pendant cette si étrange période ?


Chacun étant libre de dire bien sûr ce qu’il choisit de partager.

Peut-être verront- ils leur travail différemment, ou encore auront-ils des idées nouvelles sur le vivre et le travailler avec leurs collègues.


Au manager de faire de la place à ses collaborateurs, ils auront été autonomes durant cette phase, ils auront été créatifs pour jongler avec les contraintes des uns et des autres, des répartitions de tâches nouvelles se seront faites, de nouvelles compétences se seront développées, certains auront peut être pris le lead sur des sujets où on ne les attendait pas.

Alors pas question de replier tout ça et de vouloir faire comme avant. Il sera nécessaire de prendre le temps de réinterroger l’organisation du travail avec ses collaborateurs. Les conditions sanitaires vont nous y contraindre.


Certains collaborateurs auront été ébranlés dans le sens à donner à leur travail. Le manager va devoir être encore plus à l’écoute des préoccupations existentielles de ses collaborateurs et en même temps sera tendu vers l’objectif de production attendu de lui et de son équipe, comment naviguer alors entre l’essentiel et l’important.


Car à l’occasion de cette crise, c’est bien l’essentiel qui s’invite encore dans l’entreprise. Avec la prise en compte et la recherche du bien être au travail, une étape avait déjà été franchie, s’en est une nouvelle qui se profile avec cette pandémie.


L’étymologie du mot « crise » en grec renvoie à la prise de décision, au discernement. En chinois, le mot « crise » combine les deux idéogrammes danger et opportunité. Le danger a conduit au confinement et il est toujours là. S’ajoute à cette crise sanitaire, une crise économique, le danger là aussi nous guette. Mais ce danger nous oblige aussi à faire différemment, à penser autrement et nous invite à discerner.

Il y a fort à parier que le décalage que certains ressentaient entre leurs valeurs, l’organisation du travail, parfois même le mode de management, va s’accroître.

Le manager ne peut donc pas faire l’impasse sur ce que cette crise va amener de nouveau dans son équipe, et va au-delà puisqu'elle l’invite aussi à saisir cette opportunité pour discerner avec ses collaborateurs afin d’agir différemment.

Cela nécessite d’abord de faire un état des lieux. Qu’est ce que cette crise nous a fait découvrir, que voulons nous ensemble, qu’est ce que nous ne voulons plus, qu’est-on prêt à lâcher, à quoi pouvons-nous/devons-nous renoncer ?

C’est d’abord à ces questions qu’il faudra répondre pour ensuite décider des actions à mener tout en continuant à assurer la pérennité de son entreprise.


Le manager est donc appelé à être encore plus ce « porteur de sens » qu’appelait de ses vœux Vincent Lenhardt*. Toutefois être un porteur de sens, aujourd'hui, suppose d'être soi-même au clair avec cette contrainte existentielle qui nous concerne tous.


S’il n’y a pas de guide pratique en ce domaine, car c’est un cheminement à faire au quotidien, une réflexion à tisser, des projets à co-construire et des actions à tenter AVEC SON EQUIPE, je peux vous accompagner pour vous aider à relever ce défi.







*Vincent Lenhardt est un consultant, coach, formateur en coaching, auteur de plusieurs ouvrages sur le management, l’intelligence collective et le coaching. Il a notamment écrit « Les responsables porteurs de sens » éditions Insep Consulting.




  • Laurence Devillard

Le chanteur des « « mots bleus nous a quitté, tout doucement, loin de ses proches qui n’ont pas pu l’accompagner dans ses derniers instants. Les funérailles auront lieu loin de la foule des fans. Pas de grand-messe, comme la disparition des chanteurs, comédiens, acteurs, nous en donne souvent l’occasion.

Combien sont-ils aujourd’hui tous ces anonymes, en ce temps de confinement, à partir ainsi seuls, loin de ceux qu’ils aiment et qui les aiment ? Nombreux !

Et nombreux sont ceux qui vivent une double injustice. La perte de l’Autre est toujours une injustice et il est injuste que ce départ se fasse ainsi presque « en catimini ».

A la douleur de la perte, au chagrin, s’ajoute la culpabilité de ne pouvoir être là pour les derniers instants, de peut être aussi avoir le sentiment de ne pas avoir tout fait pour trouver une solution face à cet interdit opposé pour cause de risque de contamination, et peut être encore ressentir le sentiment d’abandonner son parent, son frère, sa sœur, son enfant.

Ce moment d’impuissance qui accompagne tout deuil est alors exacerbé. Le désarroi devant cet événement incommensurable est terrible.

Alors, ne restez pas seul avec votre désarroi, faites-vous aider.